sept
13

Le stage : une pratique immorale et irresponsable ?

Moi, dans ma boîte, les stagiaires seraient comme des employés ! Le statut de stagiaire est extrêmement précaire, principalement du fait qu’il n’est pas protégé par le droit du travail. Malheureusement, les entreprises en profitent souvent pour se procurer une main-d’oeuvre peu chère et très flexible. Faisons un bilan de la situation actuelle et établissons des pistes de réflexion pour améliorer la situation…

La loi est très inégale

Le stage, aujourd’hui, est complètement à l’avantage de l’entreprise, au détriment du stagiaire. En effet, voici la comparaison, du point de vue du stagiaire ou de l’employé, entre les différents types de contrats.

Stage vs. CDI vs. CDD

Comparaison entre stage, CDD et CDI : un vrai fossé !

DIF : Droit Individuel à la Formation

Il y a donc une différence énorme entre le statut de stagiaire et celui d’employé junior, mais pourtant, sur le terrain, la différence n’est pas toujours si grande. La preuve, c’est que de nombreux postes qui devraient normalement donner lieu à un emploi sont occupés par des stagiaires qui se succèdent à ce même poste, où le stagiaire qui arrive ne reçoit pour toute formation que celle de celui qui s’en va. Pourquoi ? Je ne pense pas trop m’avancer en affirmant que c’est parce que ça coûte moins cher à l’entreprise. NB : heureusement, ce n’est plus si facile, grâce à la loi Cherpion, qui fera bientôt l’objet d’un article sur ce blog.

Le saviez-vous ? La loi autorise tout à fait une entreprise à mettre fin à un stage, sans motif, sans préavis, sans indemnité, bref, sans aucune morale ! Et certaines ne se gênent pas…

Le stagiaire est moins payé car moins efficace ?

Effectivement, un stagiaire, même avec toute la bonne volonté du monde (et de l’entreprise), n’est pas aussi performant qu’un employé avec une expérience de 10 ans, par exemple. Certaines études pointent du doigt le fait qu’un stagiaire ne devient véritablement “rentable” qu’au bout de 2 mois. Cela explique que la loi n’impose pas de gratification (la rémunération du stagiaire, dont le minimum est de 3% du SMIC soit 417€ brut/mois) en dessous de 2 mois.

Cependant, le problème n’est pas la différence entre un stagiaire et un employé avec 10 ans d’expérience, mais bien la différence entre un stagiaire et un emploi junior. Par exemple, de nombreux stages requièrent une expérience dans le secteur, qui peut parfois aller jusqu’à 12 mois (cf. description de profil ci-dessous). Le but d’un stage étant avant tout la formation, peut-on vraiment demander une expérience significative ? Si aucune entreprise ne se décide à employer des débutants, les débutants resteront toujours des débutants et ne trouveront jamais d’emploi.

Profil : Vous faites preuve d’une bonne capacité d’écoute et d’analyse, vous avez l’esprit de synthèse et un bon relationnel (client et interne). Vous êtes rigoureux, dynamique et efficace.?Vous justifiez d’une expérience (sous forme d’autres stages) en tant qu’assistant chef de projet.

Remarquez les « s » à « autres » et « stages » !

Le stage : tremplin vers l’emploi ou destructeur d’emploi ?

Ceci est une question piège ! Il n’est pas très difficile à déceler mais pourtant, même le ministre de l’Enseignement Supérieur, Laurent Wauquiez, tombe en plein dedans :

Libération : Pour le collectif Génération précaire, les stages tuent l’emploi junior…
Laurent Wauquiez : C’est exactement l’inverse. Un jeune qui a fait un stage voit ses chances de trouver un emploi multipliées par deux [toujours selon l'étude du ministère, ndlr] (1).

(1) Ces chiffres sont issus d’une enquête interne que nous n’avons pas pu consulter, menée en 2009-2010 par le ministère de l’Enseignement supérieur et la direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle. L’enquête ne porte que sur les universités publiques, excluant les stages réalisés en BTS, IUT, écoles de commerce et ingénieurs.

La vrai réponse, c’est que le stage est considéré comme un tremplin vers l’emploi donc il détruit des emplois. C’est pourtant tout à fait logique : quand les entreprises cherchent un stagiaire pour occuper une fonction, plutôt que de recruter quelqu’un en CDI/CDD, elles recrutent un stagiaire. Sur le marché de l’emploi, ça fait une offre de stage en plus, pour une offre d’emploi en moins. Un stage = un emploi en moins, quoi de plus évident, monsieur Wauquiez ? La vraie question n’est donc pas “le stage est-il un tremplin vers l’emploi ou un destructeur d’emploi ?”, mais plutôt “Laurent Wauquiez est-il incompétent ou nous prend-il pour des imbéciles ?”.

Mais que faire, alors ?

Même en considérant que les politiques se bougent (par exemple, enfin une petite avancée : il y a la loi Cherpion), comment la loi pourrait-elle faire pour régler tous les problèmes énoncés ? Cela me semble une tâche très complexe, pour ne pas dire impossible. Les stages peuvent être tellement différents… Une loi qui lutterait contre la précarité des stages, en augmentant la gratification minimale par exemple, risquerait également de décourager les entreprises de prendre des stagiaires, sans pour autant créer systématiquement de nouveaux emplois juniors !

Ce qu’on propose, ou plutôt ce qu’on va proposer dans une série d’articles sur les stages, c’est un ensemble de bonnes pratiques pour les entreprises vis-à-vis de leurs stagiaires*. Ce sont des pratiques que tout stagiaire peut légitimement exiger d’une entreprise, mais qu’ils n’osent la majorité du temps pas formuler parce qu’ils ont l’impression de ne pas avoir leur mot à dire. N’oubliez pas de dialoguer, c’est important !

Vous avez déjà fait un stage (ou vous en faites un actuellement) ? Nous attendons vos témoignages : (envoyez un mail à contact@moidansmaboite.fr), ils nous aideront beaucoup à améliorer la pertinence et la qualité des articles avec des expériences vécues.

Si cette série d’articles sur les stages vous intéresse et que vous voulez être avertis lors de leur parution, n’hésitez pas à nous suivre sur Twitter !

* et les bonnes pratiques des stagiaires vis-à-vis de leur entreprise, me diras-tu? C’est déjà bien assez rabaché par les établissements de formation qui demandent à leurs étudiants d’être de bons esclaves stagiaires biens dociles (sois stage et tais-toi).

sept
13

Améliorons la vie au travail !

Raison d’être de ce blog

Bien souvent, il est difficile de savoir à quoi ressemble vraiment la vie en entreprise. Entre, d’un côté, le discours du département Relations Publiques de l’entreprise, qui vante tous ses mérites en déformant bien souvent la réalité à son avantage, et de l’autre côté les employés déçus qui ont eu une mauvaise expérience et qui accusent leur ex-entreprise de tous les maux, il est difficile de savoir ce qui se passe réellement et objectivement “dans la boîte”. Notre blog, moidansmaboite, a pour but de donner la parole à tout le monde (en commençant, nous qui créons ce blog, par se baser sur nos propres expériences) afin de se faire une idée plus précise de ce à quoi ressemble la vie dans telle ou telle entreprise.

Ce qu’on va faire

Parler de la vie au travail, sans mettre de gants. Souvent, des gens totalement sympathiques et intelligents en viennent, dans le cadre de l’entreprise, à se pourrir la vie les uns les autres, pour des raisons pas si importantes, pour des malentendus, à cause d’un simple manque de communication ou bien souvent, à cause de problèmes d’organisation. Nous allons traiter de tout ce qui va mal dans l’entreprise, en trouvant des solutions à ces problèmes, en se basant sur les bons exemples (il y en a !), sur des témoignages (positifs et négatifs) de salariés, ou simplement sur le bon sens et les bases des relations humaines, qu’on a parfois tendance à oublier au travail !

Les moyens qu’on se donne

Pour réaliser un tel objectif, nous souhaitons nous baser sur des témoignages, vos témoignages, et non uniquement sur des sondages. En effet, même s’ils sont plus durs à réaliser, seuls les témoignages permettent d’avoir une vraie idée de ce qu’il se passe “dans la boîte”. Vous avez sûrement déjà rempli plein de sondages. Vous avez du remarquer que souvent, il y a des questions qui ne vous semblent pas intéressantes, et dans les réponses proposées, il n’y a pas forcément la réponse que vous auriez souhaité, ou alors les réponses sont trop vagues si bien que vous auriez pu aussi bien cocher la réponse A que la réponse D. Avec tout ça, comment un sondage peut-il permettre de se faire une bonne représentation de la réalité ? Lors d’un entretien, on peut adapter ses questions à la personne interrogée, alors qu’un sondage pose bêtement les mêmes questions à tout le monde.
Bien évidemment, nous ne refusons complètement de nous servir du sondage. C’est un outil malgré tout pratique pour évaluer certains critères précis, car il permet une analyse statistique sur un grand nombre de personnes, et est donc moins sujet au hasard des personnes interrogées.

C’est donc avant tout de vous, internautes, que nous avons besoin pour nous aider dans ce projet. C’est vos témoignages, vos contributions, qui aideront tout le monde à savoir ce qui se passe réellement dans la boîte !

Pourquoi ce nom, « Moi Dans Ma Boite » ?

Parce que, justement, c’est grâce à vos témoignages, vous qui allez raconter que “moi, dans ma boîte, ça se passe comme ça…”, qu’on va trouver les exemple à suivre et ceux à ne pas suivre, les bonnes idées et les pratiques à éviter. La boîte, évidemment, c’est l’entreprise, parce que c’est un mot très souvent employé dans le langage courant. Mais c’est aussi parce que finalement, la boîte (l’objet), est une bonne comparaison avec l’entreprise. On ne voit pas ce qu’il y a dans la boîte. Ce qu’elle contient (ses employés, ses méthodes de travail, etc.) est caché à tout ce qui est en dehors de la boîte. Cependant, chacun est libre de raconter comment ça se passe à l’intérieur de sa boîte, pour que tout le monde sache à quoi s’attendre avant d’y entrer et pour que les entreprises où il fait vraiment bon travailler et vivre soient enfin récompensées.

Moi Dans Ma Boite.fr et politique

Nous tenons à préciser que nous ne sommes rattachés à aucun mouvement politique et que nous ne souhaitons nullement être recrutés ou récupérés par des partis ou des organisations politiques, même si nous ne refusons pas le dialogue lorsque cela peut être intéressant pour l’amélioration de la vie en entreprise. Nous restons cependant sceptiques quant à l’efficacité du gouvernement pour réellement améliorer la vie en entreprise, tant les mesures sont souvent tardives, timides et parfois contre-productives.